Au-delà de la nourriture, la gastronomie s’entend comme une forme d’art de vivre qui contribue à faire société. Elle connaît aujourd’hui une reconnaissance jusque-là inégalée en devenant un élément constitutif du patrimoine immatériel de l’humanité.
Le territoire alsacien est très fortement associé à une tradition culinaire et viticole qui contribue à sa renommée et lui assure une certaine attractivité touristique.
La gastronomie d'une région donnée repose sur ce qu'un terroir agricole peut offrir en termes de production nourricière. Cette notion de terroir renvoie à la question de la structure des sols, au climat, à la géographie, la botanique. La gastronomie constitue alors la valorisation de la production agricole de la région dans laquelle elle s'inscrit et qui peut largement dépasser son cadre administratif. Des reliefs vosgiens où le repas marcaire règne en maître, à la plaine d’Alsace avec ses champs de chou à choucroute et ses rivières poissonneuses en passant par les piémonts et leurs vignobles, le terroir commande le contenu de l’assiette. La gastronomie pose la question des savoir-faire mobilisés, ce qui renvoie à une époque où la gastronomie est affaire de métiers et de corporations. Ces derniers s'inscrivent dans une géographie précise. Ce sont des "terroirs" où l’on sublime des produits de la terre et de l'élevage, dans un rapport à la santé parfois en décalage avec les normes actuelles. La consommation de vin et de bière, produits phares du patrimoine régional alsacien, est en effet encouragée, en toutes circonstances, même thérapeutiques !